Vous êtes ici : PRINTEMPSFRRechercheThèses et HDRThèses soutenues
- Publié le 23 juillet 2026
- Version PDF
Les dirigeant(e)s de l'économie sociale et solidaire : des chef(fe)s d’entreprise comme les autres ? Parcours biographiques et modes de professionnalisation par Florian BARES
Discipline : Sociologie
Laboratoire : Professions, Institutions, Temporalités - PRINTEMPS
Date de la soutenance : 09 juin 2026
Mots clés de la thèse : Economie sociale et solidaire, Professionnalisation, Dirigeants
Résumé
Timothée Duverger dans sa thèse décrit les trajectoires de l’émergence de l’économie sociale et solidaire dans le cadre de la réarticulation des rapports entre états, société civile et marché. Matthieu Hély dans ses travaux a montré comment cette réarticulation a entraîné une massification du salariat dans les associations. Pour Béatrice Hibou, cette réarticulation s’inscrit dans la bureaucratisation néolibérale. Pour Pierre Rosanvallon, le néolibéralisme promeut la figure de l’expert au détriment du collectif démocratique comme modèle de « bon gouvernement ». Cette tension traverse le champ en construction de l’ESS, où s’opposent des acteurs qui souhaitent son inscription dans une posture au capitalisme néolibérale et ceux qui souhaitent une isomorphisation aux pratiques bureaucratiques néolibérales des organisations de l’ESS. Au de-là de l’ESS cette dynamique touche l’ensemble de la société notamment l’éducation et l’université. Les années 2000 voient le développement à l’université et dans l’enseignement supérieur de formation spécifique de Dirigeant de l’ESS. Dans cette contribution, nous chercherons à interroger ce phénomène. Nous montrerons qu’il est ambivalent. Il s’inscrit à la fois dans les logiques d’isomorphisation néolibérales qui touchent l’ESS et l’éducation supérieure, mais aussi dans la volonté de construire des organisations alternatives démocratiques avec leurs propres référentielles. Pour cela, nous nous appuyons sur une enquête qui s’appuie sur des entretiens semi-directifs menés avec des acteurs de l’ESS, sur de l’observation participante dans le cadre de nos fonctions salariées au sein de la CRESS Nouvelle-Aquitaine et de l’URQR. Dans la première partie de cette thèse, après avoir présenté les tensions historiques entre acteurs cherchant à construire un champ de l’ESS et la genèse du terme « dirigeant de l’ESS », nous montrerons comment le néolibéralisme a transformé la place de l’éducation et de la formation au sein des OESS, notamment en poussant à l’externalisation de la formation des Dirigeant de l’ESS, par la normalisation des qualifications et la transformation des modèles socio-économique. Dans la seconde partie, nous montrerons comment la notion de DESS est une tentative de faire émerger un nouveau groupe social à l’image des cadres étudiés par Luc Bolstanski. Cette tentative pour nous s’inscrit dans la volonté d’une partie des acteurs de s’inscrire dans une alternative collective et démocratique aux figures individuelles mise en avant par le néolibéralisme. Dans le dernier chapitre, nous faisons des propositions pour participer à la formalisation d’une définition des DESS d’organisations de l’ESS portant un projet alternatif. Définition sur laquelle nous nous appuyons pour proposer des pistes pour penser et mettre en place des formations spécifiques de DESS d’organisations porteurs de projet collectif et démocratique alternatif.Mots clés de la thèse : Economie sociale et solidaire, Professionnalisation, Dirigeants
Membres du jury
- Monsieur Matthieu HELY, directeur de la thèse
- Monsieur Benoît CRET, rapporteur
- Madame Léa LIMA, rapportrice
- Monsieur Emmanuel BIOTEAU, examinateur
- Madame Charlotte MOREAU, examinatrice
- Madame Delphine VALLADE, examinatrice