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Sociologie des sciences et de la quantification

Cet axe est sans doute le plus « inédit » concernant la politique scientifique du laboratoire : ce n’est pas seulement un axe thématique, car il rend aussi compte de démarches communes à un ensemble de chercheurs au sein du laboratoire. Il n’avait jamais été affiché comme tel jusqu’à ces dernières années dans la mesure où la sociologie du travail scientifique était incluse dans l’axe « Mondes professionnels », tandis que les démarches de quantification étaient principalement appréhendées sous l’angle méthodologique de la production de connaissances sur la base de données quantitatives.


Néanmoins, cet axe s’est nourri de courants qui ont chacun une histoire dans le laboratoire, et qui convergent aujourd’hui dans une démarche propre et autour d’un enjeu commun, celui du processus de construction des savoirs (scientifiques et experts, mais aussi profanes). De manière transversale, cet axe participe d’une forme de réflexivité, partagée par tous les membres du laboratoire, sur nos manières de penser et nos outils en SHS. Le laboratoire Printemps a développé, depuis son origine, une riche tradition méthodologique, fondée sur une grande exigence réflexive, qui nous réunit autour d’une conception commune de notre discipline, au-delà de la diversité de nos objets et de nos appartenances disciplinaires. Cette exigence a porté sur les démarches qualitatives et quantitatives, mais elle s’est tout particulièrement développée autour des enjeux des démarches quantitatives, qui ont fait l’objet d’un investissement tout particulier au sein du laboratoire (et dans le cadre du Master Sociologie quantitative et démographie SQD de l'université Paris Saclay) et qui continueront de constituer une « marque de fabrique » de nos savoir-faire. Dans les années à venir, l’évolution de nos manières de penser le quantitatif se traduira par de nouveaux partenariats, notamment avec des informaticiens (au sein de la Fédération de recherche en sciences informatiques, humaines et sociales), autour de l’enjeu que représente la construction d’outils pour manipuler et exploiter des données massives (tout particulièrement sur la thématique des mobilités, des circulations, des déplacements), et autour de la question des nomenclatures socio-professionnelles.

On voit directement le lien avec la sociologie des sciences, qui est donc devenu une thématique centrale de recherche pour le laboratoire. Les travaux la concernant ont en commun de s’intéresser aux politiques, aux pratiques et aux acteurs qui produisent de la connaissance, dans différents domaines et sous différentes formes. Il peut s’agir de la production d’un savoir scientifique, dont il est possible de suivre le déploiement du laboratoire jusqu’aux arcanes des ministères, mais que l’on peut aussi saisir lorsqu’il pénètre d’autres sphères (l’entreprise par exemple, autour des questions d’innovation) ; ou de l’élaboration et de la diffusion de catégories savantes, qui pourront être mobilisées par l’action publique, mais aussi par le monde académique, et essaimer plus largement auprès de publics profanes. Retracer les cheminements de ces savoirs et de ces catégories, leur production, leur circulation et leurs appropriations, c’est interroger leur place dans la société, mais c’est aussi questionner la manière dont ils participent de l’appréhension du monde social, à différents niveaux. Il faut également souligner l’enjeu que représentent les comparaisons internationales pour mener à bien ce type de questionnement.