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"Le retournement des retraites (1983-1993). Acteurs, histoire, politiques de l’emploi et circuits financiers" par Ilias Naji

Discipline : Sociologie
Laboratoire : Professions, Institutions, Temporalités - PRINTEMPS

le 4 décembre 2020

Vendredi 4 décembre 2020 à 14h
Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines
Bâtiment d'Alembert
Salle des thèses, 2ème étage
5-7 boulevard d'Alembert
78280 Guyancourt

Résumé

Cette thèse de sociologie porte sur les réformes récentes des retraites en France entre les années 1970 et 1990. La dernière réforme favorable aux retraités date de 1983, avec l’abaissement de l’âge de départ en retraite de 65 à 60 ans. En 1993, la première réforme défavorable aux retraités prend place avec la hausse de la durée de cotisation, de la durée du salaire annuel moyen et l’indexation sur les prix.
Ce travail propose dans une perspective de sociologie des controverses, des politiques publiques, des statistiques et des justifications de revenir sur les réformes des retraites entre les années 1970 et 1990, à partir d’une analyse croisée d’archives de syndicats (CFDT et CGT), d’administrations (direction de la Sécurité sociale et direction du Budget, ministère des Affaires sociales et de l’Economie) et du patronat (UIMM et CNPF). Différentes luttes entre acteurs portant sur les problématisations des retraites et l’organisation du circuit financier de la Sécurité sociale sont ainsi étudiées.
La thèse dialogue avec la littérature sur l’histoire de la sécurité sociale, et celle sur l’Etat social. Elle propose d’aborder la sécurité sociale et ses politiques à partir d’une approche mêlant étude des problématisations, des circuits financiers et des stratégies des acteurs.
La thèse défend un résultat principal : les politiques de l’emploi ont encadré le contenu des politiques de retraite entre le milieu des années 1970 et 1993. Au cours des années 1970, les retraites et les préretraites sont progressivement utilisées pour sortir de la population active les personnes âgées. A partir de 1983, l’adoption de la politique de désinflation compétitive entraine une compression des dépenses de retraite et la sortie du taux de cotisation des paramètres légitimes des réformes. Cette thèse propose donc une histoire des réformes des retraites qui fait une place plus importante aux politiques de l’emploi que ne le font les récits habituels, centrés sur le vieillissement de la population. Le retournement des retraites entre des réformes favorables aux retraités et d’autres, défavorables, se comprend ainsi à l’aune du basculement des politiques d’emploi.
D’autres résultats sont aussi présentés dans ce travail. Ils portent sur le lien entre statistiques et réformes, sur les problématisations des retraites, sur les usages de la contributivité et sur la construction des circuits financiers.



Mots clés

Retraite, Sécurité sociale, circuits financiers, problématisations, protection sociale, emploi, vieillissement.


Membres du jury

  • Odile JOIN-LAMBERT, Professeure, UVSQ/Printemps, Directrice de thèse
  • Eve CHIAPELLO, Directrice d’études, EHESS/CEMS, Co-directrice de thèse
  • Christophe CAPUANO, Maître de Conférences HDR, Lyon 2/LAHRA, Rapporteur
  • Arnaud MIAS, Professeur, Paris-Dauphine/IRISSO, Rapporteur
  • Patrick HASSENTEUFEL, Professeur, UVSQ/Printemps
  • Sabine MONTAGNE, Directrice de recherche, CNRS/IRISSO
  • Michaël ZEMMOUR, Maître de Conférences, Paris 1/LIEPP
  • Frédéric LERAIS, Directeur de l’IRES, IRES, Invité